
Toutes les bouteilles, stockées pendant une longue période dans des conditions optimales, ont été placées dans une cave de service, à température adaptée, verticalement, 6 jours avant notre rendez-vous.
Cette dégustation s’est déroulée en deux séances : l’après-midi à 14h puis le soir à 19h30.
Ce compte-rendu détaille les impressions du soir.
Entre autres causes, une aération de 5 heures (dans la bouteille rebouchée en position verticale) peut expliquer les variations dans les appréciations.
Les vins sont dégustés sans présentation à l’aveugle.
Les verres utilisés sont les « Expert » de Spiegelau.
DS : Didier Sanchez – AA : Attila Aranyos – HC : Hervé Cuzon – NC : Nicolas Chabot – HLP : Hugo Le Panse – EA : Eric Ambiaud – CDC : Cécile Debroas Castaigns
Ordre de dégustation
(Nombre total de dégustateurs : 14)
(Chardonnay, Trebbiano, Sauvignon Blanc et Garganega)
A l’ouverture : DS13
Après 5 heures d’aération : DS14 – AA14,5 – NCX – HLP14 – EA13 – CDC14,5
Le nez est expressif mêlant fruits jaunes et pamplemousse, avec un côté herbacé et végétal. La bouche est droite et fraîche, portée par les agrumes, mais un petit manque de maturité rend l’ensemble un peu strict à ce stade, le vin mérite de vieillir quelques années.
(Chardonnay, Trebbiano, Sauvignon Blanc et Garganega)
A l’ouverture : DS14
Après 5 heures d’aération : DS15 – AA15 – NCX – HLP15 – EA14 – CDC15
Profil est plus évolué, le nez s’oriente vers les fruits jaunes bien mûrs et la pêche, avec davantage de gras et d’ampleur. La bouche est assez longue et l’acidité vient parfaitement contrebalancer la richesse et la matière du vin. Quelques années de cave apportent à cette cuvée ampleur et complexité sans lui faire perdre son élan.
(50% Corvina, 25 % Cabernet Franc, 25 % Cabernet Sauvignon)
A l’ouverture : DS16
Après 5 heures d’aération : DS16 – AA16 – NCX – HLP16 – EA15,5 – CDC15,5
Le nez est plutôt discret à ce stade, marqué par quelques notes de caramel et de raisin de Corinthe qui le rendent pas très avenant en l’état. En bouche, le vin est à la fois très mûr et très frais, équilibré et gourmand, avec de jolies notes de figue fraîche et des tanins parfaitement fondus.
Un Primofiore fin et équilibré, dont la gourmandise en bouche compense largement la relative retenue du nez.
(50% Corvina, 25 % Cabernet Franc, 25 % Cabernet Sauvignon)
A l’ouverture : DS15
Après 5 heures d’aération : DS16 – AA16 – NCX – HLP16 – EA15 – CDC16
Nez plus ouvert et avenant que le précédent, beaucoup de jus, très fin, et bien équilibré. Comme le millésime précédent, on retrouve ce côté très mûr, très frais et gourmand. Le millésime 2021 peut déjà commencer à se boire.
(50% Corvina, 25 % Cabernet Franc, 25 % Cabernet Sauvignon)
A l’ouverture : DS16,5
Après 5 heures d’aération : DS16,5 – AA16,5 – NCX – HLP16,5 – EA16 – CDC17
La plus belle expression de la série : l’aromatique est très belle, plus complexe que celle des deux millésimes précédents, avec une note de quinquina qui apporte du relief et une amertume noble. La bouche est toujours très équilibrée et le vin a gagné en profondeur avec le temps.
Un Primofiore abouti, qui montre tout l’intérêt de laisser quelques années à cette cuvée !
(55% Corvina et Corvinone, 30% Rondinella, 15% Cabernet Sauvignon, Cabernet Franc Nebbiol0o, Croatina, Sangiovese)
A l’ouverture : DS16,5
Après 5 heures d’aération : DS17 – AA17 – NCX – HLP17 – EA16,5 – CDC16,5
La robe est assez claire. Le vin est gourmand et très élégant, sur le fruit du raisin frais, avec une fine touche végétale qui apporte de la fraîcheur plutôt qu’elle ne dérange. La bouche est salivante, souple, sans aspérité. Un Ca’del Merlo prêt à boire, dont le charme repose sur l’élégance et la buvabilité plus que sur la puissance.
(55% Corvina et Corvinone, 30% Rondinella, 15% Cabernet Sauvignon, Cabernet Franc Nebbiolo, Croatina, Sangiovese)
A l’ouverture : DS16,5
Après 5 heures d’aération : DS17,5 – AA17,5 – NCX – HLP17,5 – EA17 – CDC17
Un cran au-dessus du 2017 : le vin est mûr, équilibré, dense, avec beaucoup de jus et de jolies notes de raisin de Corinthe. La bouche est longue, structurée et intense, tout en restant très avenante et salivante.
Un grand vin, qui allie structure et gourmandise avec un naturel remarquable.
(55% Corvina et Corvinone, 30% Rondinella, 15% Cabernet Sauvignon, Cabernet Franc Nebbiolo, Croatina, Sangiovese)
A l’ouverture : DSED
Après 5 heures d’aération : DSED – AAED – NCX – HLPED – EAED – CDCED
Vin bouchonné
(55% Corvina et Corvinone, 30% Rondinella, 15% Cabernet Sauvignon, Cabernet Franc Nebbiolo, Croatina, Sangiovese)
A l’ouverture : DS17
Après 5 heures d’aération : DS17 – AA17- NCX – HLP17 – EA16,5 – CDC16,5
Un vin hyper avenant : dense, équilibré et gourmand à la fois, avec de jolies notes florales de rose qui apportent du raffinement. La bouche est complexe, mais le vin reste étonnamment digeste et facile d’accès.
Un 2014 prêt à boire, complexe et floral, qui prouve la capacité de cette cuvée à traverser le temps avec grâce.
(Corvina, Molinara, Rondinella et Corvinone)
A l’ouverture : DS16
Après 5 heures d’aération : DS16 – AA16 – NCX – HLP16,5 – EA16 – CDC17
Le registre change par rapport aux Rosso : le vin est plus frais, plus acidulé, plus aérien. La bouche est juteuse et dynamique, portée par une matière fine. Un Valpolicella fin et élancé, dont la fraîcheur et la légèreté font tout le charme. On peut lui reprocher un léger manque de matière.
(Corvina, Molinara, Rondinella et Corvinone)
A l’ouverture : DS17
Après 5 heures d’aération : DS17 – AA17,5 – NCX – HLP17,5 – EA17 – CDC17
Beaucoup de jus, de la puissance et de la densité, mais aussi des notes florales presque évanescentes qui donnent au vin un caractère aérien malgré sa matière. La bouche est salivante et fraîche, sur le fruit rouge, sans aucune note cuite ou confite. Le vin « pinote » : on se surprend à penser à un grand Bourgogne.
Un Valpolicella de haut niveau, à la fois puissant et frais, d’une buvabilité redoutable.
(Corvina, Molinara, Rondinella et Corvinone)
A l’ouverture : DS16,5
Après 5 heures d’aération : DS16,5 – AA17 – NCX – HLP17 – EA17 – CDC17,5
Le nez est superbe et très pur avec un côté pinotant (cerise) déjà rencontrées sur le 2016. La bouche est plus massive que celle du 2016 mais toujours fraîche, avec une acidité bien présente et des tannins légers.
Un Valpolicella puissant et racé, dont le nez à lui seul justifie la réputation du domaine.
(Corvina, Molinara, Rondinella et Corvinone)
A l’ouverture : DS(17)
Après 5 heures d’aération : DS(17) – AA17 – NCX – HLP(16) – EA15 – CDC(15)
Nez soja et pas très net… Cependant la bouche est plutôt belle, toujours dense et salivante. À regoûter.
(55% de Corvina, 30% de Rondinella et 15% de Cabernet Sauvignon)
A l’ouverture : DS17
Après 5 heures d’aération : DS17 – AA17,5 – NCX – HLP17+ – EA17,5 – CDC17
Un vin très puissant et dense, gorgé de jus, sur les fruits noirs et les épices, avec une fine acidité qui rend l’ensemble salivant malgré la concentration. Les tannins sont encore bien présents et demandent du temps.
Un Rosso del Bepi au potentiel énorme, encore jeune, qui mérite d’être attendu.
(55% de Corvina, 30% de Rondinella et 15% de Cabernet Sauvignon)
A l’ouverture : DS17,5
Après 5 heures d’aération : DS17,5 – AA18 – NCX – HLP17,5 – EA17,5 – CDC17,5
Plus fin que le 2016, mais avec toujours beaucoup de jus : la bouche est longue, salivante et fraîche, complexe et joliment épicée. L’ensemble a trouvé son harmonie.
Un Rosso del Bepi complexe et épicé, prêt à boire, qui offre dès aujourd’hui un immense plaisir.
(55% Corvina et Corvinone, 30 % Rondinella, 15 %, Cabernet, Nebbiolo, Croatina et Sangiovese)
A l’ouverture : DS18,5
Après 5 heures d’aération : DS18,5 – AA19 – NCX – HLP19 – EA18 – CDC18,5
L’apothéose de la soirée. La puissance est impressionnante, mais c’est la longueur aromatique qui marque le plus : le vin se déploie sans fin, sur les épices et un fruit d’une densité rare. Malgré la concentration et la richesse propres à l’appellation, l’ensemble reste frais, juteux, avec une texture soyeuse d’un raffinement exceptionnel. Un très grand Amarone, dense, épicé et soyeux, qui conjugue puissance et fraîcheur avec une maestria qui n’appartient qu’à Quintarelli.
Cette verticale à travers une bonne partie des cuvées du domaine Giuseppe Quintarelli a confirmé pourquoi ce domaine reste la référence absolue de la Valpolicella.
Le premier enseignement est la remarquable cohérence stylistique de la gamme : du Bianco Secco à l’Amarone, on retrouve la même signature, faite de densité de jus, de fraîcheur et de textures salivantes. Malgré des niveaux de concentration parfois très élevés, aucun vin n’a donné de sensation de lourdeur ou de sucrosité excessive — les termes « salivant », « digeste » et « frais » reviennent de manière frappante dans nos notes, y compris sur les cuvées les plus puissantes.
La hiérarchie de la gamme s’est dessinée naturellement : les Primofiore ont offert un plaisir immédiat, les Rosso Ca’del Merlo ont montré davantage de structure et de complexité (superbe 2016), et les Valpolicella Classico Superiore ont créé la surprise par leur pureté de fruit et leur caractère « pinotant » qui a fait penser à plusieurs reprises à de grands Bourgognes — le nez du 2015 restera comme l’un des moments forts de la soirée. Les Rosso del Bepi (Amarone déclassés), affichent une puissance et un potentiel de garde impressionnants.
L’Amarone 2017 a conclu la dégustation en apothéose : puissance, longueur aromatique interminable, texture soyeuse et, là encore, cette fraîcheur qui distingue Quintarelli de tant d’autres producteurs de l’appellation.
On notera également l’intérêt de la comparaison des millésimes : les 2014, millésime réputé difficile, se sont montrés remarquables (Ca’del Merlo, Rosso del Bepi), preuve du travail de sélection du domaine. Seuls un Ca’del Merlo 2015 vraisemblablement bouchonné et un Valpolicella 2014 au nez un peu sec ont légèrement terni un ensemble d’une qualité rare.
Au terme de cette dégustation, le sentiment dominant était unanime : le « pape de l’amarone » mérite pleinement sa réputation, et ses vins démontrent qu’en Valpolicella, puissance et buvabilité ne sont pas incompatibles. Nous nous sommes régalés.