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Catalogne Espagnole

Dégustation de vins de Catalogne en Espagne. Le compte rendu est disponible sur le lien suivant:

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Les vins de Catalogne espagnole

 

Lundi 12 janvier 2004

 

 

Dégustation préparée par Pascal Perez, hébergée par le club Itinéraire des Vins et commentée par Laurent Gibet.

 

 

  • Quelques commentaires de contexte :
  • Les vins sont dégustés en partie à l’aveugle, en les révélant par séries de 4.
  • Nombre de dégustateurs : une quinzaine.
  • Les vins sont carafés au début de la dégustation.
  • DS : Didier Sanchez – PC : Pierre Citerne (absent) – PP : Pascal Perez – LG : Laurent Gibet.
  • RP : Robert Parker – ST : Stephen Tanzer – WS : Wine Spectator.
  • La sélection est rigoureuse, sur des cuvées souvent confidentielles célébrées internationalement (et obtenant de scores conséquents dans les revues majeures – voir les notes reportées ici).
  • La plupart des vins proviennent de Lavinia Barcelone.
  • On note les absences volontaires de certaines cuvées fameuses : Clos Erasmus (Daphné Glorian – René Barbier), Clos de l’Obac (de Costers del Siurana), Finca Dofi et dispendieuse Ermita d’Alvaro Palacios.

 

 

  • Ordre de dégustation :

1. Penedes – Alemany i Corrio – Sot Lefriec 2000 :

DS14 – PP14,5 – LG14,5. Note moyenne : 14,5 – Prix : 46 €

  • 50% Merlot, 38% Cabernet Sauvignon, 12% Carignan.
  • Robe intense, purpurine, à l’image de celles qui suivront.
  • Nez fougueux, sauvage, sudiste en diable, disert et particulièrement complexe, déclinant une farandole de senteurs variées. On pioche au hasard des notes de fruits (cerise en tête du cortège, agrumes), de fleurs capiteuses, d’épices, de grillé, de fumé, de marinade de lièvre aux herbes aromatiques, de nuoc-mam, de cacao, de vanille, de fourrure. Le boisé est présent mais pas ostentatoire (comme pour les vins suivants, pas de notes marquées de chêne américain, évoquant le bourbon).
  • Bouche fruitée (toujours la cerise confite), dense, un peu ingrate dans son profil serré, rugueux et astringent. Mûre, dotée d’une réconfortante acidité mais desservie par une finale un peu renfrognée, ferme. De la présence mais un manque patent de finesse et d’harmonie. Raisonnablement alcooleux en l’état, ce vin risque de sécher au vieillissement.

 

2. Priorat – Isabelle i René Barbier – Clos Mogador 2000 :

DS14 – PP13 – LG13,5. Note moyenne : 13,5 – Prix : 43 €

  • RP95 -ST90.
  • 35% Grenache, 35% Cabernet sauvignon, 20% Syrah, 10% Carignan.
  • Nez profond, boisé, qui distille des notes de fruits (cerise confite, pruneau), d’épices fines (poivre, muscade, girofle). Nuances raisonnablement lactées, de vanille et d’entrailles.
  • Bouche dotée d’un fruit encore vivace mais handicapée par une relative maigreur et (conséquemment ?) un alcool un peu envahissant associé à de la sécheresse. Finale torride pour ce vin de guingois, abrupt, à l’avenir incertain.

 

3. Emporda Costa Brava – Castillo Perelada – Ex Ex 1 1998 :

DS13,5 – PP13,5 – LG13. Note moyenne : 13,5 – Prix : 33 €

  • 3000 bouteilles. Cabernet Sauvignon, Merlot, Grenache.
  • Nez brutal, original car très balsamique (on pense aux parfums de pin des retsinas grecques). Accents épicés (toujours cette récurrence de cerise confite), fruités, floraux (fleurs capiteuses). L’alcool ne ménage pas l’appareil olfactif du dégustateur et on est à la limite de l’acescence. Dommage que l’intensité rime ici avec le manque de finesse et de race.
  • Bouche bourrue, presque violente, dénonçant des notes de grenache (alcool, cerise confite) et de carignan (poivre, rusticité tactile). Goûts de liqueur de mûre, de réglisse, de cannelle et sensation peu noble de sucre résiduel. On peut surtout lui reprocher un manque cruel de structure et d’élégance.

 

4. Priorat – Mas Doix – Costers de Vinyes Velles 2000 :

DS11 – PP11 – LG11. Note moyenne : 11 – Prix : 43 €

  • RP93.
  • 55% Grenache, 40% carignan, 5% Merlot.
  • Boisé ici plus insistant. Le nez prodigue des effluves de fruits confits (notes corinthées), de mûre, d’épices, d’orange sanguine clouté à la girofle.
  • On ne s’attardera pas sur la bouche, délétère, hétérogène, ingénument citronnée, qui fait faire la grimace, et ne parvient guère à dissimuler une acidification aussi criarde que malhabile.

 

5. Conca de Barbera – Torres – Grans Muralles 1998 :

DS15,5 – PP15,5 – LG15,5. Note moyenne : 15,5 – Prix : 71 €

  • Encépagement croquignolet : Garro, Samso, Mazuelo, Garnacha Tinta, Monastrell (mourvèdre)
  • 12000 bouteilles. La grande cuvée du domaine en rouge.
  • On décèle enfin ici un nez fin, élégant, affable, au caractère oriental, conjuguant des notes variées : poivron mûr, café, fleurs, confiture de fraises, épices nobles (poivre, girofle, cannelle), réglisse, entrailles. Le boisé torréfié fait très « bordelais ».
  • Le palais détecte lui une trame sérieuse, non dénuée d’élégance, cohérente, de densité modérée mais persistante. Bel équilibre et beau toucher, de l’harmonie et de la douceur pour un grain aimable délicatement poudreux. Ile 1er vin qui sort un peu la tête de l’eau.

 

6. Priorat – Mas Martinet – Clos Martinet 2000 :

DS12,5 – PP14 – LG12. Note moyenne : 13 – Prix : 37 €

  • RP94.
  • 35% Grenache, 20% Cabernet Sauvignon, 20% Syrah, 10% Merlot, 15% Carignan.
  • Nez initialement rebutant, farouchement animal, qui laisse plus d’un dégustateur circonspect (limite défaut, un peu comme pour certains vins de Barral). Une agitation patiente et énergique dans le verre (en plus du carafage préalable) lui offre une rémission providentielle car le fruit sous-jacent condescend alors à revendiquer ses droits. On scrute alors un nez complexe, au caractère sauvage affirmé, proposant des fragrances de garrigue, de violette, d’orange cloutée à la girofle, de cacao, de fumé, de réglisse.
  • Après ces atermoiements, on explore une bouche somme toute bancale, totalement dissociée et incapable d’amalgamer proprement le sucre, l’alcool, l’acide et la matière tannique. Pas d’intensité, de lisibilité, et au final une incohérence un peu vulgaire pour un vin loin de réaliser son ambition. Noter que ce diagnostic ne fait pas l’unanimité, mais que les amateurs de ce vin ne le portent pour autant pas aux nues.

 

7. Montsant – Celler de Capçanes – Cabrida 2000 :

DS14,5 – PP15 – LG14,5. Note moyenne : 14,5 – Prix : 46 €

  • RP92 – 100% Grenache.
  • Le nez délivre des notes de fleurs (violette), de fruits confits et entre ces deux gammes, de confiserie (violette confite). Notes complémentaires de réglisse, de cacao, d’épices pour un profil olfactif doucement mentholé, un peu factice, qui peut rappeler une syrah cosmétique.
  • La bouche est correcte, sans grande ambition de densité mais plutôt souple, doucereuse avec ce sucre résiduel superfétatoire qui s’impose en fin de bouche. Flaveurs de cerise confite et d’épices. Soubresaut alcoolique en finale, avec une lourdeur ennuyeuse, de surcroît peu désaltérante. Dans cette série, le vin ne s’en sort pas trop mal, mais il reste tout de même monolithique, manquant singulièrement d’allant.

 

8. Priorat – Val Llach 2000 :

DS12 – PP13 – LG11,5/12. Note moyenne : 12 – Prix : 44 €

  • RP96+ – ST93 – WS90.
  • Carignan majoritaire associé à un peu de Cabernet Sauvignon et de Merlot.
  • Nez ostensible (mais pas ostentatoire), au boisé prononcé, chaleureux, qui semble faire un peu d’esbroufe : odeurs (plus vraiment inédites désormais) de garrigue, d’épices (poivre, girofle), de fruits confits.
  • En bouche, le vin délivre des notes de crème de mûre curieusement associées à des notes de citron. Ici encore, acidité suspecte et profil disgracieux, sans harmonie et sans consistance.

 

9. Vino de Mesa de Callonge – Clos d’Agon 1999 :

DS14 – PP13,5/14 – LG12,5/13. Note moyenne : 13/13,5 – Prix : 45 €

  • ST91.
  • Peter Sisseck, qui officie aussi au mythique domaine Pingus, contribue à l’élaboration de ce vin ambitieux.
  • 20000 bouteilles – Cabernet Sauvignon 60% – Merlot 20% – Syrah 20%.
  • Le nez est expressif, boisé et présente un profil exotique, avec ses parfums de fruits confits, d’épices, d’entrailles, de garrigue.
  • Bouche dense mais simple, courte pour une finale amère. L’acidité citronnée manque de noblesse et, sans tomber dans les excès dénoncés plus haut, n’est pas vraiment au service du vin. Je rajoute que je reproche de surcroît personnellement un peu de verdeur à ce vin, dont on pouvait légitimement attendre une expression plus convaincante (à défaut d’être réellement racée).

 

10. Penedes – Torres – Mas la Plana Cabernet Sauvignon 1998 :

DS14,5 – PP15 – LG15. Note moyenne : 15 – Prix : 45 €

  • Nez odoriférant, prodigue, offrant des senteurs d’épices, de fruits (mûre, cassis), de fleurs, de menthol, de réglisse, de café, de cacao. Cette signature herbacée signe le Cabernet Sauvignon produit par cette grande maison dynastique.
  • Bouche concentrée, sans failles dans sa trame, bénéficiant de l’assise tannique du cépage, fraîche (cassis, groseille) et (alléluia !) désaltérante. Longueur correcte et gourmande.
  • Réussite relative, à l’image du 94 récemment dégusté au club In Vino Veritas (moyenne obtenue de 15,5).

 

11. Costers del Segre – Celler de Cantonella – Cervoles 1999 :

DS11 – PP11 – LG11. Note moyenne : – Prix : 19 €

  • 40% Ull de Llebre, 32% Cabernet Sauvignon, 20% Grenache, 8% Merlot.
  • Nez ouvert mais simple souligné par des notes puissantes de liqueur de fruit, de cerise confite.
  • Bouche funestement acidifiée, édulcorée (avec ce côté factice tellement désagréable). On touche le fond encore une fois, avec cette expression décadente incompréhensible à ce niveau de notoriété : VDN écoeurant, brûlant.

 

12. Montsant – Orbita Venus – Venus La Universal 2000 :

DS13,5 – PP14,5 – LG14,5. Note moyenne : 14 – Prix : 46 €

  • RP89.
  • Nez intense, herbacé, animal, exhalant des senteurs de fruits, de poivron, de réglisse.
  • Bouche dotée d’une matière (seulement) raisonnable, sans chichis, douce, qui n’atteint pas des sommets mais se développe relativement sereinement sur une trame ne déméritant pas en tenue, en netteté et en allonge.

 

 

  • Conclusion :

Quelques commentaires à l’issue de cette dégustation déroutante, décevante (et ce malgré le soin apporté à la sélection des vins – pour la plupart onéreux) :

  • En termes de descriptions organoleptiques générales :
    • Les robes sont denses, sombres, opaques, tirant sur le noir.
    • Les nez, saturés d’arômes, s’avèrent expressifs, sudistes de par leur caractère capiteux et sauvage ; ils sont particulièrement épicés et corsés, trahis parfois par des acidités volatiles (incorrigibles ?).
    • Les bouches sont pour la plupart disertes, mais manquent assurément de noblesse (on n’ose pas ici parler de race), de cohérence, de persistance, de fraîcheur (on dépasse souvent les 15° d’alcool sur ces terroirs prolixes). Brouillonnes, elles présentent alors un profil dissocié, précaire.
  • Trop de vins ne sont manifestement pas au niveau et l’on trouve de surcroît un nombre anormalement élevé de vins indignes de leur statut international, affublés qui plus est parfois d’acidifications improbables. Les vins de Priorat, ici en berne, subissent une bérézina cuisante.
  • Heureusement que les 2 cuvées de Torrès, qui assurent une sorte de service minimum, ont été sélectionnées.
  • Il est assez invraisemblable que la note de 16 ne soit jamais atteinte. Rappel : 16-16,5 – « Très bon vin : équilibré, le caractère, le volume et la complexité sont présent à des degrés divers. Longueur moyenne à bonne. »
  • Pour finir, j’ai envie de tenter ici une approche « économico-sociologique » de ces vins. Elle reste bien superficielle mais m’a été soufflée par une historienne espagnole férue de vins et s’exprime dans 2 directions :
    • Les cuvées goûtées s’inscrivent dans le cadre d’un boom économique régional et représentent à leur manière une affirmation identitaire catalane intransigeante mais ne pouvant s’appuyer que sur un potentiel de terroirs intrinsèquement limité (contrairement à l’Italie, notamment)
    • La notoriété et les prix croissent pour des expressions « furieusement tendance », « m’as-tu-vu », débridées, correspondant à un public branché international de bobos, au pouvoir d’achat consolidé par l’essor des nouvelles technologies : l’oenophilie entre alors en résonance avec le prestige et l’épate et s’inscrit plus dans l’apparence que dans l’âme.
  • Pour ne pas finir sur une note trop péremptoire, il faudrait bien entendu regoûter tout ou partie de ces vins (dont la présente dégustation constitue quasiment une première approche), visiter les domaines pour essayer de mieux comprendre, d’aller au-delà de cette impression générale (comme on serait en droit de le faire pour des vins du Portugal ou d’Italie).