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Découverte des vins de Imre Kalo, Hongrie

 

 

Découverte des vins de Imre Kalo, Hongrie

Vendredi 19 octobre 2018

La dégustation est préparée et commentée pour la séance de l’après-midi par Attila Aranyos.

Introduction par David Farge, alias ‘’Abistodenas’’

 

Quelques commentaires de contexte :

Toutes les bouteilles, stockées pendant une longue période dans des conditions optimales, ont été placées dans une cave de service, à température adaptée, verticalement, 6 jours avant notre rendez-vous.

Cette dégustation s’est déroulée en deux séances : l’après-midi à 14h15 puis le soir à 19h30.

Ce compte-rendu détaille les impressions du soir.

Entre autres causes, une aération de 5 heures (dans la bouteille rebouchée en position verticale) peut expliquer les variations dans les appréciations.

Les vins sont dégustés sans présentation à l’aveugle.

Les verres utilisés sont les « Expert » de Spiegelau.

DS : Didier Sanchez – LG : Laurent Gibet –  CDC : Cécile Debroas Castaigns – MS : Miguel Sennoun – FM : François Martinez – AA : Attila Aranyos.

Garde forestier, Imre Kalò est une icône en son pays. Il n’est pas un vigneron, ni un œnologue, ni un de ces jeunes punks à chien repentis, parti faire du vin dans sa campagne natale. Non, Imre Kalò est un atypique et talentueux faiseur de vin. Élu récemment « Vigneron des vignerons » par ses pairs, il reste pourtant à la porte de l’administration locale qui lui interdit la vente de ses bouteilles ou toute autre reconnaissance en tant que viticulteur. Mais le savoir-faire n’a heureusement que faire de ce genre de paradoxe, surtout que les particularités liant notre homme à la viticulture sont loin de s’arrêter à la porte d’une quelconque autorité un peu trop zélée.

En effet, le talent n’est jamais suffisant sans un coup de pouce de la nature. Ainsi, Imre Kalò profite aussi d’un terroir exceptionnel sur les sols complexes de la région d’Eger. Un terroir qui de part sa variété n’a, d’après lui, pas d’égal à travers le monde. Une identité si particulière qu’elle intrigue jusqu’à la communauté scientifique venue découvrir sur ses sols pas moins de huit variétés de botrytis jamais encore répertoriées.

Imre Kalò travaille au naturel. S’appuyant sur le savoir-faire millénaire d’un pays ancré dans la viticulture, il fait de cet empirisme salvateur sa vérité. Une vérité dont la nature est le chaînon principal, elle en qui il voue une confiance sans limite et dont il s’impose une écoute de tous les instants. Ici, tous les travaux sont manuels, le cheval file un coup de main et au rayon pharmacie, on préfère prévenir que guérir. Ainsi, une unique décoction vient encourager la vigne à garder le cap : une mixture alliant l’huile de colza, la chaux et le cuivre. Ce minimalisme ne cache pourtant aucune naïveté, ni aucun ésotérisme de pacotille.

« Si la vigne est attaquée, elle doit se défendre seule… ou mourir. Et si la récolte est détruite, ce n’est pas bien grave : j’ai assez de vin en cave… » – Imre Kalò

Tradition hongroise oblige, les maturités sont souvent poussées et on ne craint pas l’alcool, la richesse ou le sucre. Ce qui n’empêche en rien notre maître des lieux de toujours viser le juste équilibre dans ses vins. Une production dont l’étendue de la palette ferait tomber à la renverse n’importe quel peintre en quête de couleurs. Avec environ deux cents vins différents en élevage, on touche ici à l’irrationnel…

 

« L’intérêt n’est pas que dans le vin, mais aussi dans le moment, dans les hommes. » – Imre Kalò

On a passé un bon moment, voyons les vins !

 

Ordre de dégustation

(Nombre total de dégustateurs : 17)

 

  1. 2014—Cabernet Sauvignon Rosé

A l’ouverture : DS15,5/16 – AA16

Robe pale saumonée, avec des reflets dorés. Au nez, au début sur un bouquet de rose fanée mélangé avec des odeurs de pâtisserie, tout en douceur et finesse. L’évolution est étonnante et très marquée vers un nez fruité et roses fraîches, on dirait un parfum féminin élégant.

En bouche grosse matière pour un rosé, (impression d’un blanc ou vin d’orange), acidité structurante remarquable, tout en gardant un aspect gourmand. La longueur est puissante et bien au-delà d’un rosé normal

Après 5 heures d’aération : DS15,5/16 – LG15,5/16 – MS15,5 – FM15 – CDC15,5

 

  1. 2011—Kékfrankos (blaufränkisch)

A l’ouverture : DS15,5 – CDC15 – AA15,5

Robe rouge rubis légèrement terne. Nez clairement fruité (mûre, myrtille, framboise) avec des tons de poivron grillé et odeur de « cave ». En bouche, corps relativement léger, avec une belle fraicheur. L’acidité bien présente sur une trame de minéralité crayeux, sans écraser les fruits qu’on ressent tout au long. Véritable vin de terroir

Après 5 heures d’aération : DS15,5 – LG15 – MS15,5 – FM15 – CDC15

 

  1. 2009—Kékfrankos

A l’ouverture : DS17 – AA17

Robe rouge rubis légèrement terne. Nez évolué, puissant, sur l’écorce d’orange, avec une présence de volatile (ensemble donnant une très belle impression). Bouche richissime, jus de fruits mûrs, impression de chocolat, goût de peau de raisin toutefois sans tannins excessifs. L’acidité, quasi imperceptible derrière la matière, mais bien présente, préserve l’harmonie du vin malgré bien des extrêmes.

Après 5 heures d’aération : DS16,5 – LG16,5 – MS16,5 – FM16 – CDC16

 

  1. 2009—Merlot

A l’ouverture : DS16 – AA16

Robe foncée bien évoluée. Nez complexe : café, chocolat, eucalyptus, paille, menthol, cerise noire, pêche, épicé/écorces. Grande maturité du raisin, évidente en bouche. Richesse avec des tannins plutôt marqués, toutefois sans excès. L’équilibre est beau avec une longueur respectable.

Après 5 heures d’aération : DS16 – LG15,5/16 – MS16 – FM14- CDC15,5

 

  1. 2009—Bikavér

A l’ouverture : DS16 – AA16

Robe foncée, encore légèrement violacée. Nez timide, sur la retenue, mais s’ouvre sur les épices, l’orange, des écorces, la rose fanée.  Plus on attend plus le coté floral devient évident. Matière agréable et dense en bouche : cerises mûres, peau de raisin et tannins gourmands. Bien structuré et bien équilibré.

Après 5 heures d’aération : DS16 – LG15 – MS16 – FM15 – CDC15

 

  1. 2007—Bikavér (sang de taureau, assemblage de 13 rouges)

A l’ouverture : DS17 – AA17

Robe légère, couleur pinot noir. Nez de fruits rouges avec une cerise dominante ; musqué et floral. Proche d’un Pinot Noir. Longueur, complexité en bouche avec une finesse aérienne, et encore une fois cette impression très « pinot » : cerise, noyau. La longueur est interminable, magnifique.

Après 5 heures d’aération : DS17 – LG16,5 – MS17 – FM14- CDC16,5

 

  1. 2014—Cabernet Franc

A l’ouverture : DS16 – AA17

Robe légère, couleur pinot noir.  Nez très expressif : fruits rouges sur-mûrs, cerise confite, poivron mûr : l’ensemble donne un caractère « sudiste ». Belle surprise en bouche sur la fraicheur, structure tannique discrète, fine, presque minérale. La longueur est au rendez-vous, comme d’habitude.

Après 5 heures d’aération : DS16 – LG15,5/16 – MS16 – FM14 – CDC16

 

  1. 2009—Cabernet Franc

A l’ouverture : DS16 – AA16

Robe légère, couleur pinot, mais brunâtre. Nez très typé « grenache mûr » (presque style Reynaud) : fruit mûrs, écorces d’orange, asperge, poudre de paprika. Bouche grasse, mûre, bien ronde, légèrement sucrée, mais bien équilibrée par son acidité ; les arômes rappellent encore Reynaud, même en bouche.

Après 5 heures d’aération : DS15,5 – LG14,5 – MS15 – FM16 – CDC14

 

  1. 2002—Cabernet Sauvignon

A l’ouverture : DS13 – AA14

Robe rubis profond. Nez « coffee shop américain » (café, vanille, caramel), poivron fumé sur une trame de fruits rouges. Bouche riche, voire sucrée, décidément cabernet, dans un style bordeaux international.

Après 5 heures d’aération : DS15,5 – LG16 – MS16 – FM16 – CDC15

Le seul échantillon rouge qui s’améliore de manière significative après l’exposition à l’air.

 

  1. 2011—Furmint-Hárslevelű

A l’ouverture : DS17 – AA17

Robe dorée, tons de cuivre. Nez complexe, agréable : coing, gentiane, Suze, citron et agrumes. Vin moelleux, hyper équilibré, bouche riche (impression d’extraction de peaux des raisins). Fruits bien présents : pêche, abricot, coing avec une pointe d’amertume prolongée sur une finale tannique, fruitée et quasi interminable.

Après 5 heures d’aération : DS17 – LG16,5 – MS17 – FM17 – CDC16

 

  1. 2007—Hárslevelű

A l’ouverture : DS17,5 – AA18

Robe doré brillant. Nez réduit au départ, mais le vin s’offre graduellement vers un feu d’artifice de parfums : pèche, pomme, mirabelle, fleurs blanches, miel. Décidément élégante, la bouche, légèrement tannique, présente une forte minéralité. Énorme longueur tout en restant sur les fruits et peaux de raisin macèrés.

Après 5 heures d’aération : DS17,5 – LG16,5 – MS17,5 – FM17,5 – CDC16,5

 

  1. 2002—Olaszrizling (Welschriesling)

A l’ouverture : DS17 – AA17,5

Robe dorée. Nez d’une grande complexité et maturité : bouillon de poule, pétrole, herbacé, médical à l’ouverture, puis fruits jaunes, raisins, bouquet de fleurs sauvages. Très agréable en bouche, gourmand, matière énorme sans être lourde, portée en équilibre par son acidité remarquable. Grande longueur, finition interminable, démonstration de puissance aromatique sur les notes herbacées.

Après 5 heures d’aération : DS17 – LG17,5 – MS17,5/18 – FM17 – CDC17

 

  1. 2006—Rizlingszilváni (Müller-Thurgau)

A l’ouverture : DS13  – AA13

Robe dorée. Nez de réduction qui pique (voire acide), sans amélioration notable à l’aération. Plutôt maigre en bouche (attention, seulement par rapport aux autres), goût herbacé, médicinal, mélangé à la verveine citronnée, avec une pointe d’amertume bien présente.

Après 5 heures d’aération : DS14,5 – LG14,5/15 – MS13,5 – FM14 – CDC14

 

  1. 2011—Sauvignon Blanc

A l’ouverture : DS16 – AA16

Robe dorée légèrement saumonée. Nez discret, rien à voir avec le cépage (aucun marqueur variétal du sauvignon blanc). Bouche riche, bien marquée par la macération : le goût (agréable) de peaux de raisin domine au-delà des autres arômes. Vin orange tannique classique et équilibré.

Après 5 heures d’aération : DS16 – LG16 – MS16 – FM16 – CDC15,5

 

  1. 2010—Leányka (VT)

A l’ouverture : DS17,5/18 – AA18

Robe ambrée-dorée. Arômes exotiques d’une grande complexité : fruits secs, figues, dattes, gentiane, botrytis, bois de cèdre, thé / thé earl grey, écorce d’orange. Bouche épaisse, légèrement tannique, autant équilibrée que digeste (encore une fois l’acidité est juste parfaite). Longueur hors norme avec atténuation linéaire sur plusieurs minutes.

Après 5 heures d’aération : DS17,5 – LG16,5/17 – MS17,5/18 – FM18 – CDC17

 

  1. 2010—Chardonnay

A l’ouverture : DS15 – AA15,5

Robé dorée, légèrement cuivrée. Nez décidément chardonnay évolué : beurre, banane mûre, verveine, citron, jaune d’œuf. En bouche l’acidité remarquable tente d’équilibrer le vin, mais la matière présente reste très riche. Le vin est en constante évolution, « se cherche dans le verre ».

Après 5 heures d’aération : DS16,5 – LG17 – MS17 – FM16,5 CDC16

Ce vin a besoin d’aération, ce que confirme le vigneron (recommande un carafage de 24 h !)

 

  1. 2008—Chardonnay

A l’ouverture : DS14 – AA(14)

Robé dorée, plutôt claire. Nez « réduit » (pierre à fusil, allumette, pourtant sans soufre !) : ce vin a passé beaucoup de temps sur les lies. En bouche la forte minéralité (voir légère amertume) est bien présente mais cet échantillon est dans une phase complètement fermée : difficile d’estimer tout son potentiel !

Après 5 heures d’aération : DS15 – LG15 – MS15 – FM15 – CDC14

Ce vin a besoin d’aération, ce que confirme le vigneron (recommande un carafage de 24 h !)

 

  1. 2012—Zöldveltelini

A l’ouverture : DS15 – AA16

Robe dorée. Nez intéressant (un des meilleurs de la série) d’une grande finesse : muscat, thym, anis, lavande, bouquet de fleurs, intense et aérien dans l’ensemble. En bouche on retrouve la matière, les marques d’extraction, très équilibré. Au départ le vin est simple d’un point de vue aromatique, mais s’ouvre progressivement et offre une belle complexité.

Après 5 heures d’aération : DS16 – LG16,5 – MS17 – FM17 – CDC17

 

  1. 2011—Zöldveltelini

A l’ouverture : DS14,5 – AA14

Robe dorée. Nez plutôt végétal : buis, bourgeons de cassis, voire pipi de chat, rose fanée et signes de réduction. En bouche, légèrement huileux, (gras, alcool), acidité (relativement) inférieure. Contraint au nez, donne l’impression d’être plus aromatique (fruits mûrs) en bouche ; longueur bien portée par son amertume. Évolue rapidement dans le verre.

Après 5 heures d’aération : DS15,5 – LG(15) – MS15,5 – FM16 – CDC15,5

 

  1. 2002—Zöldveltelini (Grüner Veltiner) —Olaszrizling Héjon (Sur pellicules)

A l’ouverture : DS17,5 – AA18

Robe d’un doré profond, magnifique. Nez complexe, d’une grande élégance : Earl Grey, tilleul, verveine, bouquet de fleurs en train de se faner. Bouche hors norme, enveloppante, équilibrée, presque solide (impression de croquer dans des peaux de raisin).

Après 5 heures d’aération : DS18 – LG18 – MS18 – FM18,5 – CDC18

 

  1. 2011—Tramini (Proche de Gewurztraminer)

A l’ouverture : DS13,5/14 – AA15.

Robe d’un doré clair, étincelante. Nez exotique et floral : rose, litchi, avec signes de réduction. Bouche marquée par une acidité pointue et une légère amertume / minéralité bien perceptible. L’ensemble est plutôt austère, fermé pour l’instant.

Après 5 heures d’aération : DS14,5 – LG14,5 – MS13,5 – FM13,5- CDC14

 

  1. 2009—Tramini (Proche de Gewurztraminer)

A l’ouverture : DS15 – AA16

Robe d’un doré profond. Nez « gourmand » : fruits mûrs, (pêche, mirabelle), pâtisserie à base d’amandes, sans être écoeurante. En bouche, plutôt évolué sur une trame « tisane », peaux de raisin, minéralité et une pointe d’amertume très élégante.

Après 5 heures d’aération : DS15 – LG15 – MS15,5 – FM16 – CDC16

 

  1. 2007—Szürkebarát (Pinot Gris)

A l’ouverture : DS15,5/16 – AA15

Robe saumonée / dorée. Nez discret, ça sent les peaux de raisin. La bouche est essentiellement marquée par la macération (tannique, et peaux de raisin).  Encore un vin orange classique, bien fait, mais sans grand éclat aromatique.

Après 5 heures d’aération : DS15 – LG14,5/15 – MS15,5 – FM14 – CDC15

 

  1. 2013—Turán Főbor (VT)

A l’ouverture : DS16 – AA16

Robe profonde, violacée. Nez de fruits rouges/ noirs mûrs (prune, mûre, cerise noire). Les fruits rouges sont bien présents en bouche. Les tannins sont fins et agréables, une minéralité « tapissante »   tout en étant moelleuse : un « Maury » sans alcool.

Après 5 heures d’aération : DS15 – LG14,5 – MS15 – FM14,5 – CDC15

Un des rares vins qui a tendance à ne pas se bonifier à l’aération.

 

  1. 2009—Turán Főbor (VT)

A l’ouverture : DS15,5 – AA14

Robe profonde, évoluée, couleur brique. Nez muscat, floral et fruits rouges.  Plus riche, plus alcoolisée en bouche par rapport à ce qui était attendu : plus « cuit »,  ce moelleux  a du mal à s’exprimer au début  mais s’ouvre bien au contact prolongé avec l’air.

Après 5 heures d’aération : DS1X5,5 – LG15,5 – MS16,5 – FM16,5 – CDC16

 

  1. 2008—Olaszrizling Aszú

A l’ouverture : DS16,5 – AA17.

Robe ambrée, reflets dorés. Nez complexe et délicat : thé, tisane, abricot, bergamote, tons herbacés. Bouche riche, dominée par le raisin de Corinthe, les fruits confits. Un « botrytis » de grande élégance, acidité remarquable, équilibre maitrisé et longueur exemplaire.

Après 5 heures d’aération : DS16,5 – LG16,5 – MS17 – FM17- CDC16,5

 

Conclusion

Ensemble de très haut niveau, fidèle à la réputation du vigneron. Les vins sortent de l’ordinaire, violent probablement toutes les règles de l’oenologie moderne, mais l’essentiel est toujours là : grande puissance, jus riche en matière, équilibre maîtrisé. La complexité et la longueur des vins sont remarquables. Les vins sont également très stables (l’expérience personnelle montre que même plusieurs jours ne leur feront pas mal), indépendamment de l’âge, de la couleur ou de la variété, à l’exception du Chardonnay et du Merlot qui ont besoin d’un peu d’air pour s’ouvrir et atteindre leur potentiel. Une grosse claque pour ceux qui déclarent les vins naturels fragiles : avec le bon raisin au bon endroit et entre de bonnes mains, tout est possible. Je suis aussi convaincu (encore une fois avec beaucoup d’expériences en dehors de cette dégustation) qu’Imre Kalo a également réussi l’impossible : ses vins plaisent autant aux amateurs avertis qu’aux buveurs occasionnels.